14 avril 2009

Parfois, je me demande...

Parmi les tâches "quotidiennes" que nous demandons à nos zados de partager, il y a la gestion du linge: sortir le linge de la machine (si possible dès que la lessive est terminée et non pas deux jours après), l'étendre (si possible en le défroissant un minimum, je tiens à ne pas avoir besoin de repasser quoi que ce soit), le plier quand il est sec (si possible avant d'étendre du mouillé juste à côté), et enfin le ranger (si possible en l'attribuant à son juste propriétaire, ce qui peut éviter à mon doux et tendre, embrumé le matin, de partir à une réunion vêtu d'un jean troué de sa fille rangé par mégarde dans son armoire).
Comme Chaton est quelque peu inactif cette année-ci, forcément nous lui demandons d'assurer un peu plus que sa soeur qui a une vie scolaire intense...

Hier, il rentre dans l'après-midi et je lui demande de bien vouloir ranger le linge sec qui est resté dans une bassine. Chaton part, et revient vite:
- j'le f'rai pas, tu d'manderas d'abord à çui qu'a enlevé l'linge du séchoir de l'plier!
- c'est moi qui l'ai détendu,
intervient Princesse, tu veux qu'ch'te rappelle pourquoi?...
- quoi encore... j'étais pas là, j'en sais rien, moi!
- justement, j'l'ai fait avant-hier soir, à ta d'mande, pour te rendre service, pour que tu puisses partir plus tôt à ta fête...
- eh ben alors... c'est pas une raison, tu fais chier, t'aurais pu le plier!
- c'est toi, qui fais chier, t'aurais p't'être voulu que ch'fasse ton lit, en prime?...


Alors là, la Manman, perplexe. Qui a tort?
Chaton, qui n'a pas accompli une tâche à lui attribuée en la refilant à sa soeur, et surtout, refuse de s'en charger maintenant?
Ou Princesse, qui a "bâclé" une tâche quotidienne et donc entraîné le froissage général d'une bassine de linge?

Mouais. Sentant monter la pression, je choisis de ne pas choisir, et les vire tous les deux du séjour: "Ho! Ça suffit maintenant! Allez, du balai, allez vous engueuler ailleurs!"

05 avril 2009

Plume à la maison, poule au pied!

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais certains zados n'articulent pas en parlant, voire profèrent des sentences qui ressemblent plus à un recrachis de bouillie qu'à un propos ayant le moindre sens. Parfois l'intention globale du discours est claire, le contexte aidant. Mais pas toujours. Quand je pense à la quantité de choses que nous pourrions nous dire si nous évitions les répétitions demandées, deux, trois, voire quatre fois!

"Plume à la maison, poule au pied."
Quand Princesse m'a fait cette déclaration, ce matin, je dois dire que ça m'a laissée pour le moins perplexe quant à sa santé mentale de l'instant, et que j'ai probablement dû la regarder avec les yeux ronds et écarquillés d'une... poule devant un couteau.
Je lui ai demandé ce qu'elle entendait par là, en lui répétant ce qu'elle venait de me dire..."Meuh non," m'a-t-elle répondu, "je disais que j'ai plus mal à mes ampoules au pied!"

21 mars 2009

Un bon fils

Me voici de nouveau de l'autre côté, mais pas pour de bonnes raisons, du coup je n'en dirai rien, et me contenterai de vous raconter deux délices offertes par Chaton juste avant mon départ.

En auto, retour de la ville. Je préviens Chaton que l'un de ses oncles paternels ne viendra pas rendre visite à Mamie à Pâques, comme c'était prévu, pour de vagues raisons... C'est nul. Chaton en est désolé pour elle. Et puis, il me déclare : "Tu sais, quand vous serez vieux et croûlants, avec Papa... je serai un bon fils."

Autre chose. Nous prenons un café Chaton et moi, tous les deux, sereins et amicaux (une fois n'est pas coutume...).
Je sais qu'à lui, je peux demander un avis qui sera - forcément - honnête, sans concession.
- qu'est-ce que tu penses de ma coupe de cheveux, Chaton?...
- ouais, nan... c'est pas mal. D'ailleurs, quand t'es rentrée hier soir, je m'suis dit qu't'avais l'air jeune et heureuse...


Je vous rajoute le grain de sel de Princesse, lorsque je lui ai raconté le premier? "Ah bon? Vivement que vous soyez vieux et croûlants...

09 février 2009

Princesse a de l'humour...

Chaton est rentré Samedi soir des Pyrénées, après une semaine enthousiasmante. Rentré, oui... mais pas à la maison. Il a fait une escale de 24h, en ville, chez sa douce du moment.
"Tu sais, manman", m'avait-il fermement indiqué à son sujet il y a quelques semaines, "pour dire "les amours" il faut qu'il y ait de l'amour. Là, c'est pas ça". "Ah bon, ben c'est quoi alors?...". "Ben... un plan cul, quoi!"
Bon. A mon humble avis, c'est un plan qui commence à prendre un peu d'ampleur... tant mieux pour eux.

Donc, quand il rentre, il nous parle de ses vacances, puis dérive.
Chaton : "Tiens, au fait, Doucette s'est acheté un chien. Tout petit, tout mignon".
Princesse : "C'est quoi, son nom?"
Chaton : "On n'a pas encore décidé..."
Princesse : "Ah bon? C'est toi l'papa?..."

Il y a quelques jours, Princesse taquine son père et chahute avec lui. Lui, pour de faux, lui donne un coup de poing dans le ventre (à peine effleuré...).
Princesse : "Aïe! Tu m'as tapée pile là où j'ai mal!..."
Papa, penaud: "Ah bon? T'avais mal? Oh, j'suis désolé..."
Princesse : "Ben non, j'avais pas mal, mais maintenant que tu m'as tapée j'ai mal pile à cet endroit..."

05 février 2009

Laisser glisser...

Non, il ne s'agit pas d'une nouvelle tactique de survie en période d'attaque adolescensationnelle, c'est juste pour vous dire que ça y est, Chaton est sur les pistes dans les Pyrénées depuis dimanche, souvent sur une planche à neige, parfois à côté... heureux.
Sourire!
M'ados*

01 janvier 2009

Bon Aîné, je vœux bien...

... mais sinon, je ne goûte pas tellement le cérémonial des vœux, beaucoup trop convenu à mon sens.
Le seul bon, tout de même: ça permet de prendre ou de recevoir des nouvelles d'amis dont on se dit qu'on ne les a pas assez vus l'année passée... et de faire, ensemble, des projets de rencontres qui resteront souvent... vœux pieux.

Et puis, je suis résolument contre les bonnes résolutions. Du moins, celles que l'on prend à grand bruit en début d'année... Là aussi, dans le genre "scie", ça se pose là! A mon avis, les bonnes résolutions sont les plus secrètes, prises à des moments ordinaires ou exceptionnels, grandes ou toutes petites, sans publicité aucune, et se doivent d'être nombreuses... quasi permanentes!

Allez, j'en prends une haut et fort, toutefois, ici-même: je vous promets de ne plus faire ma mauvaise tête à propos des fêtes de fin d'année pendant les dix mois qui viennent!

29 décembre 2008

Noël joyeux

Ben oui, ça tient du miracle, et pourtant je vous jure que j'ai fait la tronche comme il se doit, j'ai fait ma "Grinchette" comme disent les zados, j'ai râlé, j'ai boudé, j'ai protesté, j'y ai mis un max de mauvaise volonté... mais je dois admettre que nous avons tout de même eu un Noël réussi.
Non, ne comptez tout de même pas sur moi pour vous raconter les menus par le menu, ni vous faire cadeau de la liste des cadeaux.
La famille était présente, la génération d'au-dessus... c'est amusant, quand les enfants étaient petits, on faisait Noël pour eux, et maintenant que les grands-parents sont vieux on fait Noël pour eux...
Chaton et Princesse ont été quasi impecs. Bien sûr, quelques pétages de câbles, diverses bouderies... mais des efforts, énormes dans le cas de Chaton, pour être "sociables".

Allez... je vous raconte deux choses.

D'abord, le traditionnel "Noël des chats".
Nous leur achetons, à l'occasion des fêtes, de ces boîtes de luxe, vous savez, de celles qui, sur les pubs, sont ouvertes par une langoureuse blonde pour son angora blanc, tellement langoureuse et tellement angora qu'on se demande lequel va ronronner des deux...
Ensuite, nous attendons qu'ils soient tous là. Pas question d'échelonner les réveillons, eux aussi doivent faire un effort de sociabilité, y'a pas d'raison. Du coup, cette année, ils ont réveillonné à 11h du matin le jour de Noël, parce que le Noiraud était parti faire la fête avec des potes matous la veille au soir.
Et puis vient le partage. Etant bien incapables de faire un choix entre toutes les variétés de ces boîtes de luxe, nous en achetons donc plusieurs, et partageons équitablement entre tous. Lors du partage, je peux vous assurer qu'ils sont là, bien présents, attentifs à l'équitabilité du partage, enfin... attentifs.
Enfin, nous leur amenons leurs petites coupelles pleines de délices pour qu'ils mangent en demi-cercle au pied du sapin. Là, sachant l'instant proche, ils ne se tiennent plus, et se mettent à miauler, tous, à bêler d'envie, à chanter à pleine gorge, à pousser de lyriques vocalises, à rivaliser de trilles émues, frissonnant de la colonne et de la moustache, la queue en point d'interrogation : "alors, ça vient?" Le cantique des félins...

L'autre chose, c'est le cadeau que nous faisons à Chaton. Chaton, l'affreux zado qui glande toute la journée, qui végète, qui envisage de penser à se demander comment chercher du boulot, qui dévalise le frigo et qui ne sort que pour faire la teuf avec des copains. Chaton, celui auquel nous refusons de donner quelque argent de poche que ce soit, tant qu'il ne fait rien. Chaton, le boulet dont nous attendons qu'il se "trouve".
L'idée m'en est venue deux ou trois semaines avant Noël, alors que justement j'avais profondément envie d'en faire de la chair à pâté, de le voir prendre ses cliques et ses claques et débarrasser notre plancher. Conflit sur conflit, sans avancer d'un poil.
Tout d'abord, soumettre l'idée à Papa, tout de suite séduit, puis le convaincre de ne rien demander en échange, pas le moindre petit engagement de rien du tout, pas la moindre ébauche de promesse d'amendement, rien, nada. Un cadeau, un vrai, un pur, un gratuit. Si ça marche, tant mieux pour tout le monde, si ça ne marche pas, tant pis. Un cadeau qui rompe son quotidien légumier. Qui soit pour lui l'occasion (éventuelle) de sortir de sa mélasse.
Nous offrons donc à Chaton, aux anges, une semaine aux sports d'hiver.

Pas d'inquiétude... nous avons gâté suffisamment Princesse pour qu'elle ne soit pas tentée de suivre l'exemple de son frère, convaincue que "la trime ne paie pas..."

19 décembre 2008

Z'ont de l'humour, ces petits...

Rappel du contexte : Chaton glande et végète, dépense beaucoup d'énergie à ne rien faire, mais Manman essaie parfois de faire des choses avec lui.

Au téléphone, Chaton et Manman :
- si tu veux, on verra ça demain...
- demain? T'es là demain!?...
- mais oui ch'suis là!
- ben ch'suis mal barré...


Un matin, Chaton appelle Manman pour lui demander un renseignement (un renseignement?!?! Oui, du genre "il est où, l'Banania?..."). Manman demande :
- qu'est-ce que tu vas faire, aujourd'hui?...
- aujourd'hui? Tu veux que ch'te dise c'que j'vais faire aujourd'hui?...
- ben ouais...
- aujourd'hui, j'vais faire la vaisselle, préparer la soupe, et faire une bonne compote...

Manman instantanément en émoi, un tel programme de la bouche même de Chaton, ça ne s'est pas vu depuis des semaines... et tout ça dans la même journée! Elle se garde bien de manifester son enthousiasme, par pure superstition, tandis que Chaton continue :
- si j'ai l'temps, j'donne un coup de balai dans la cuisine, et si l'feu est allumé dans la cheminée quand vous rentrez, ça vous ferait plaisir!
Là, Manman ne peut se retenir d'éclater de rire, et Chaton de même en écho : il est entrain de lire en la liste de "consignes" laissée le matin même par Papa...

La liste est quasi quotidienne, parfois courte, parfois plus ambitieuse, mais reste la plupart du temps lettre morte. Nous ne baissons pas les bras, et essayons d'éviter que Chaton ne passe vraiment toutes ses journées à ne rien faire. Nous faisons comme si ça pouvait redémarrer du jour au lendemain. Après tout, dès qu'il aura envie de "raccrocher" à la réalité, il est important qu'il puisse le faire sans à-coup...

Enfin, de quoi me plaindrais-je, ce jour-là, un nombre non négligeable des tâches énoncées ont été accomplies... plus de la moitié!

Et puis... si ça n'est pas drôle tous les jours, on rigole bien tout de même!

15 décembre 2008

Princesse guillerette

Dialogue au téléphone hier soir entre Princesse et Manman:
- ça s'est bien passé, ta journée?...
- ouais... ouais, ouais!
- à c'point?!?
- ouais ouais.
- y t'ont rendu des devoirs, j'veux dire, t'as eu des résultats, aujourd'hui?...
- nan, même pas... c'est p't-être pour ça!

Histoire ancienne

C'est la rentrée. Princesse, dès les premiers jours, croûle sous le travail, et j'essaie, tant bien que mal, de l'aider. Elle doit, en particulier, refaire la démonstration de l'un de ces théorèmes que l'on est supposée maîtriser quand on est une élève de Terminale S.

Chaton vient nous voir, décontracté, et demande :
- tu me montres ton cours de philo?... Ch'suis sûr que ça m'aurait vachement interessé, la philo!...
- ouais, mais pour l'instant, j'en suis aux maths, si tu veux, ch'te montre, tu vas voir que ça va te rendre philosophe...
- nan, c'est la philo, que je veux voir!...
- Chaton, fous la paix à ta soeur, elle a besoin de se concentrer...
- elle peut quand même prendre deux minutes pour me montrer, non?...
- bon, ok, mais pas maint'nant, c'est dans ma chambre, je te montrerai ça plus tard.


Du coup, Chaton se penche vers la copie de Princesse qui cogite... Elle vient d'écrire la formule suivante :
A(w)= \sum_{n=0}^\infty a_n w^n



Chaton, impressionné :
- ah ouais, je vois... pas mal, pas mal... Tu comprends c'que t'écris, au moins?...
- ben bien sûr! Enfin... j'essaie!
- et c'est quoi, ce petit rond, là?...
- ça? Là? Bon ben... j'crois que t'étais vraiment pas fait pour les études, frérot. Ça s'appelle un zéro...


Quant à moi, j'ai arrêté d'aider Princesse après le quatrième devoir maison, pour lequel elle a été notée 14/20. Sa copine Anne-Claire a obtenu , pour le même devoir, un 17.
Conversation entre les deux donzelles :
- t'as du bol, un 17, ça va te faire une super moyenne...
- ouais, mais mon père m'a aidée, tu sais!
- ben moi, ma mère m'a aidée, qu'est-ce que tu crois...
- alors, tu diras à ta mère que mon père est meilleur en maths qu'elle...

12 décembre 2008

Et Chaton?

Chaton ne fait rien, glandouille, végète, parle de chercher du boulot, traîne, fait la teuf chez des potes, boit, fume, rentre deux à trois fois par semaines dormir dans son lit ("ça fait trop du bien de dormir dans un bon lit..."), prendre une douche, se changer et vider le frigo (voire la réserve d'alcools), et "se casse" souvent en claquant la porte. Car, de plus, il est exécrable, et dépense plus d'énergie à échapper à la moindre tâche ménagère (laver SA vaisselle de la nuit par exemple...) que ça lui en demanderait de l'assumer.

Les amis :
- Ton Chaton, pour l'instant, il se cherche...
La Manman :
- ... la plupart du temps, il ME cherche! Grrrrr...
Les amis :
- Allez, tu verras, quand il se sera trouvé, ça ira beaucoup mieux!...
La Manman :
- Oui, j'en suis persuadée. Ce sera un type bien, et on aura des relations géniales!
La Manman, in petto :
- ... mais pour l'instant, il se perd...

10 décembre 2008

En quatre!

Mon compagnon est, ce qui est rarissime chez les hommes1, aveugle. Non, je ne veux pas dire par là qu'il souffre de cécité, ou qu'il manque de clairvoyance, ni même qu'il ne regarde jamais les autres femmes, ce qui serait dommage pour lui... mais simplement, il ne me voit pas.

Un nouveau vêtement, de nouvelles chaussures, un pull à l'envers... non, bien sûr, il ne voit rien. Je rentre à la maison avec un nouveau sac bleu ciel, il ne voit rien. Avec de nouvelles lunettes, il ne voit rien. SANS lunettes, alors que j'en porte sans interruption depuis l'âge de 6 ans, il ne voit rien.

Les enfants s'en amusent... eux qui, depuis toujours, repèrent très vite le moindre petit changement dans l'apparence de leur manman... voire même au-delà de l'apparence!
Régulièrement, lorsqu'ils détectent une nouveauté en présence de leur père, ils me font un petit signe d'intelligence mais ne pipent mot : nous faisons des paris sur le temps qu'il lui faudra pour s'en apercevoir...

Récemment, j'ai changé de monture de lunettes, passant d'une forme en losange à une forme ronde du haut et carrée du bas (!). Au bout de 24 heures, j'ai craqué :
- décidément, tu n'es pas très observateur...
Là, il me regarde, inquiet, m'observe, me scrute, et tente :
- tu t'es fait couper les cheveux?...

Hier soir, justement, je suis rentrée avec les cheveux fraîchement coupés, je craquais, je commençais à ressembler à un bobtail, plus de trois mois sans coupe... Nous passons à table, Papa, Princesse et moi, Chaton étant chez des copains. Propos de retrouvailles affectueuses , "tu as passé une bonne journée?", "ça a été, ton DS de géo?", "tu as eu le temps de faire ton compte-rendu de réunion ce matin?", etc.
Princesse a le nez dans son assiette, et la tête ailleurs. Je commence à trouver ça étonnant. Rare. Quand nous passons au fromage, je signale... "ben dis-donc, vous n'êtes pas très observateurs ni l'un ni l'autre..." Princesse, me regarde, sourit, et Papa s'exclame "tu t'es fait couper les cheveux? Non... ou bien à peine!".

Je rigole, mais Princesse ne relève pas, pensive, se fait discrète. Pour la première fois, elle l'attentive, elle n'a pas vu le changement, trop occupée qu'elle était par sa vie intérieure du moment...


1 - n'est-ce pas, mesdames?...

03 décembre 2008

Je ne voudrais pas radoter, mais....

... je peux vous renvoyer à ce vieux message-ci, ou à celui-là... C'est tout pareil.

Boycottez Noël!Boycottez Noël en BD!

J'ai trouvé ces belles affiches sur le site du Christmas Resistance Movement et celui du francophone Mouvement anti Noël (hébergé sur une plateforme qui intègre de la pub google... de Noël!!!)

A part ça?... quelque peu silencieuse, n'est-ce pas?
Allez... dans les bonnes résolutions à la con pour 2009, on dirait que je mettrais celle d'être plus présente par ici... la matière ne manque pas!

28 octobre 2008

Le lendemain, elles étaient souriantes...

Les filles, ailleurs

02 septembre 2008

Princesse outrée

Ce midi, à déjeuner. Princesse : "Quoi?... Je rentre aujourd'hui en terminale et t'as même pas fait d'article là-d'ssus sur ton blog?... Nan mais j'y crois pas..."
Dont acte.

30 août 2008

Normandie-en-Bourgogne...

J'en suis encore toute ébaubie, nous sommes partis en vacances en famille. Oui, tous les quatre.
Il y a une semaine encore, il ne pouvait en être question, conflit sur conflit, tensions permanentes. Mais Chaton a tout a coup décidé de faire des efforts, l'a annoncé, et... en a faits. Pour partir en vacances. Et Princesse a choisi de venir avec nous plutôt que de faire son stage de reprise d'aviron.

Nous sommes donc partis en Bourgogne, dans la jolie maison d'une jolie amie, juste au bord du canal... Grass'mat', siestes, fromages, bons vins, parties de baby-foot ou de billard dans les cafés, visites, canoë, pique-nique, ricochets... de vraies vacances.
Sur le trajet aller par les chemins de traverse, Papa conduisait (contrairement à la rumeur mysogine, je suis nettement meilleure co-pilote que lui. Et impossible de se fier à Rantanplan, notre GPS, qui s'évertuait à essayer de nous ramener sur les grands axes, que nous voulions soigneusement éviter... vacances obligent!)

J'emmène toujours des tas de livres avec moi, peur de manquer... Souvent, en vacances, je les feuillette à peine, trop occupée à ne rien faire.
Cette fois-ci, j'avais pris les Cosmicomics de Italo Calvino, les deux tomes de nouvelles de Maupassant, les nouvelles de Marcel Aymé, Sublimes paroles et idioties de Nasr Eddin Hodja, plus deux romans, un ouvrage de botanique en anglais, et un polar. Pour quatre jours.

A un moment du trajet, je propose de lire quelque chose. Tout le monde est d'accord, et le consensus s'établit autour Maupassant. Le premier tome, pourquoi pas. Quelle page? Princesse donne un nombre au hasard.
Et me voici partie à lire la nouvelle qui commence près de la page désignée, puis une autre, après que Chaton ait choisi à son tour, puis une troisième... Une pause pour se dégourdir les jambes, puis "manman, tu continues?..."

Durant toutes ces vacances, soit quatre jours, à chaque trajet, à chaque repas, à chaque moment "ouvert", j'ai lu pour les miens deux ou trois nouvelles de Maupassant, toujours choisies au hasard dans le tome I de la Pléiade...

Tour à tour émus, amusés, impressionnés, touchés, effrayés, bouleversés par les histoires contées, si souvent cruelles mais terriblement humaines, ils ont été surtout, au bout du compte, conquis, absolument conquis, Princesse, Chaton et mon doux et tendre, par la beauté de la langue, le style, et les multiples facettes du talent de cet absolu génie de la nouvelle...

Quant à moi... réussir à faire partager un bonheur ajoute encore au bonheur, non?...

04 août 2008

Quelques jours ont passé

Il y a quelques jours, Princesse a cousu son premier bouton. C'est étrange. Depuis des années, Chaton "sait" coudre, que ce soient des pantalons à retaper, des sacs à personnaliser, des déchirures à arrêter... Princesse était passé au travers, et n'avait jamais touché à la moindre aiguille. On voit que je ne cherche pas à la marier...

Il y a quelques jours, mon compagnon et moi-même avons fêté nos trente ans d'amour (de pêché suggérerait certain...).
Pour cet anniversaire-là, Princesse nous a préparé un somptueux dîner composé de trente mets différents... elle est restée en cuisine de 14h15 à 21h, puis a assuré un service impeccable. Quant à Chaton, il s'est tapé la vaisselle du lendemain...

Il y a quelques jours, Chaton s'est fait une double entorse (pied et cheville) en faisant le kéké sur la motobylette d'un copain dans un chemin. Du coup, pas question de poursuivre ses recherches de travail... Poursuivre ses QUOI ?!?!?!

Il y a quelques jours, Princesse a pour la première fois pris toute seule le métro puis le train de banlieue ... avant de faire sa première nuit totalement blanche. Le lendemain midi, quand nous nous sommes retrouvées, elle était épuisée mais avait le teint insolemment frais...

Il y a quelque jours, une amie suggérait à Chaton, en ma présence, de faire les vendanges :
L'amie, enthousiaste : ce serait super, faut bosser mais l'ambiance est sympa, que des jeunes...
Manman, désabusée : tu parles... j'y crois pas. Au bout de deux heures, il se plaindra du mal au dos, au bout d'une demie-journée il se tordra la cheville et le lendemain midi il déclarera forfait!
Chaton, vexé : quoi, c'est pas vrai, on voit que tu m'as jamais vu bosser...
Manman, perfide : j'aimerais bien...

21 juillet 2008

Des enfants réussis

Préambule : je vais déroger à ma règle, et nommer directement l'une des personnes citées dans cette note, sans lui attribuer de pseudo. Il s'agit de la maman de mon compagnon, à savoir "Mamie"...

Mamie, qui souffre de la maladie d'Alzheimer, était chez nous ce week-end. Comme, depuis son entrée en institution en Avril, elle a quelque peu forci, nous avons cette semaine, Princesse et moi, acheté des vêtements pour elle, avec l'intention de les échanger s'ils ne lui allaient pas. En l'occurrence, il se trouve que nous avons fait un sans faute: sur la dizaine de vêtements, pas un à échanger. Tout lui va.
Samedi matin, c'était la séance d'essayage.

J'étais avec elle dans sa chambre, et l'aidais à se déshabiller puis à enfiler les différentes pièces. Mamie se regardait dans un grand miroir, puis je lui proposais de passer de sa chambre au séjour voisin, où son fils et nozados vaquaient à leurs occupations.

Mamie était au début quelque peu déstabilisée par ces essayages. Ça avait dû coûter beaucoup d'argent, et puis, ça avait dû coûter beaucoup d'argent. Par ailleurs, ça avait dû coûter beaucoup d'argent... C'est pour lui changer "l'idée" que je lui ai proposé de montrer au fur et à mesure à son fils et ses petits enfants chaque vêtement enfilé.

Nos zados sont des zados, et à ce titre, ils savent être implacables, et peuvent avoir la dent dure. Entre autres, ils n'hésitent pas à rire, quand elle n'est pas là, des errements de leur grand-mère (pour être honnête... nous en rions ensemble, et de bon coeur...). Et puis, lucides, ils précisent souvent "qu'est-ce qu'elle était chiante, Mamie... avant sa maladie!"

Et puis, vous commencez à les connaître, vous savez à quel point il(s) peu(ven)t parfois être odieux, infâme(s), désagréables(s).

Mais là, ils ont senti son trouble... si vous aviez vu la profonde, l'infinie gentillesse avec laquelle ils ont, chacun, trouvé pour leur grand-mère, sans aucune affectation, à chaque vêtement essayé, le mot gentil, le compliment approprié, le juste ton, si vous aviez vu leur sourire, leur regard, la caresse pour arranger un pli ou ajuster un col, le baiser pour accompagner le petit mot admiratif glissé à l'oreille... Mamie, d'inquiète et déstabilisée, est devenue confiante, puis radieuse, et riait de bonheur de tous ces essayages...

A ce moment, j'ai pensé "nous avons réussi nos enfants..."

01 juillet 2008

Souvenirs, souvenirs...

Aujourd'hui, mon amie F. m'a appris qu'on fabrique maintenant des lapins mécaniques pour raconter des histoires aux enfants le soir.
Après quelques "quelle connerie!", "dans quel monde de fous on vit..." et autres "bordel, c'est du grand n'importe quoi!", je lui ai fait remarquer que, quelles que soient les souffrances que j'endure (pleurez violons...) avec mes zados, je ne pourrai JAMAIS regretter d'avoir eu des enfants, à cause de l'extraordinaire, du fantastique, du merveilleux, de l'inépuisable plaisir que j'avais éprouvé, pendant leurs années de petite enfance, à leur raconter des histoires, à leur chanter des chansons, et à leur expliquer des choses...

Ce soir, Princesse et moi, en auto, revenant du bourg:
- tu te souviens, quand tu étais petite, de quand on vous mettait au lit?...
- euh... non, pas spécialement, pourquoi?...
- non, comme ça... tu te souviens pas du tout?
- si, je me souviens que Papa nous changeait les draps et puis un jour il a dit qu'on étaient grands, et qu'on devait le faire nous-même.
- ah bon?
- ouais, même que c'était bien quand il faisait notre lit. J'étais trop triste quand il a dit ça...
- mais bon, je parlais pas d'ça, tu te souviens, les histoires, les chansons au moment du coucher?...
- ah ouais... une fois, Papa nous avait lu un livre, j'me souviens, c'était Tintin et les Picaros...


J'avais tant de plaisir à ce moment du coucher qu'en général je m'y "collais" bien volontiers, Papa préférant d'autres moments privilégiés de la journée.
Tous les soirs, pendant leur première décennie, ils ont eu droit au grand minimum à une histoire, souvent deux, parfois plus, généralement suivies, une fois la lumière éteinte, d'une chanson, souvent de plusieurs, pour lesquelles je m'accompagnais à la guitare des quatre ou cinq accords basiques que je connaissais...
Ils ont écouté de Poule Rousse aux Histoires comme ça, de Boucle d'Or aux Contes du Chat Perché, de Tichien du Petit Chien aux Contes d'Andersen... Pour les chansons, c'étaient la plupart du temps des classiques, de Jean Petit qui danse aux Marches du Palais, de J'ai descendu dans mon jardin à l'Orphéoniste... J'y glissais tout de même quelques incongrues comme Le Duc de Bordeaux, Avanti popolo ou le Curé de Camaret, qui est fort mélodieuse...
Ce n'était jamais une corvée, toujours un plaisir, et parfois, même lorsque leur respiration était devenue douce et régulière dans la pénombre, je continuais par de tendres improvisations vocales sans parole, en arpégeant doucement pour mes enfants endormis...

La vie est quelque peu injuste. Princesse a oublié la règle, mais pas l'exception. Effacés, les petits livres, albums et histoires lus par Manman, et ses chansons douces... c'est Tintin et les Picaros, lu par un Papa inattendu, qui l'a marquée...

30 juin 2008

Addiction

Comment va Chaton? Il est dans un état végétatif...

Il végète. Il ne fait rien (ou si peu!), il dort, il mange (énormément...), il voit des copains. Il rentre à pas d'heure, fait la grass' mat' jusqu'en milieu de journée (sauf intervention énergique maternelle, qui le "pompe", le "fait chier", "mais enfin fous-moi la paix", "laisse-moi dormir", mais, zen la manman d'ados, décidée, "tu te lèves il est midi passé". Il finit par se lever ronchon et odieux, se nettoie (ouf!), participe au repas - puis il est grand temps qu'il aille retrouver ses copains.
Chercher du boulot? Oui, une visite par quinzaine à l'ANPE locale, qui n'a rien de bien, et un vague coup de fil à passer à un agriculteur qui aurait besoin de cueillir du cassis. "Ben ch'sais pas, Alain devait m'passer son numéro, il l'a pas fait (sous-entendu: c'est pas ma faute) du coup j'ai pas appelé, j'attends qu'y m'le donne...".
Passer le permis? Oui, au rythme d'une ou deux séances de code par semaine, avec entre 8 et 15 fautes par séance (selon son "état"...), alors qu'il a commencé fin février...

Chaton a "raté" l'anniversaire de Princesse.
Le jour même, il devait nous rejoindre au restaurant en ville, où j'avais invité ma Princesse, son Papa étant en déplacement.
Après 1/2h d'attente "Ben tu fais quoi, t'es où?..." "Jo doit aller en ville, Fred m'avait dit qu'y m'emmèn'rait, il est toujours pas là..."(sous-entendu: c'est pas ma faute) "Bon laisse tomber, au mieux t'es pas là avant une heure, c'est plus la peine..."
Le lendemain soir de l'anniversaire, pour le dîner de fête familial, Chaton arrive in extremis (quand tout est prêt, of course...), après l'apéro.
Au moment des cadeaux "Euh... j'ai pas eu le temps de m'en occuper mais tu ne perds rien pour attendre...". Plus tard, en réponse à une remarque acerbe que je n'ai pas pu m'empêcher de lui faire en aparté "Est-ce que je pouvait savoir qu'on le fêterait ce soir, on devait le fêter vendredi!..." (sous-entendu: c'est pas ma faute). Il va sans dire que ce matin lundi, Princesse n'a toujours pas eu de cadeau... mais "elle ne perd rien pour attendre!"

Je m'arrête? Allez... Ça pourrait durer des pages et des pages. C'est monotone, lassant (tu parles!), chiant, usant, je serre les dents (pour me taire, parfois), les poings (de colère), les fesses (de trouille devant les risques qu'il prend...), les paupières (quand le souci me réveille à l'aube LE jour où je pourrais dormir... mais c'est pas sa faute!).

Alors, j'écoute du jazz. Beaucoup. Beaucoup beaucoup. C'est infiniment moins mauvais pour la santé que l'alcool... et ça m'enivre tout autant.
Et j'ai l'ivresse joyeuse, euphorique, légère, optimiste...

Merci, John... merci.


Alabama
John Coltrane (saxophone ténor), McCoy Tyner (piano), Jimmy Garrison (contrebasse), Elvin Jones (batterie), 1963